Second organisme de recherche en agronomie au monde*, l’Inra s'appuie sur de nombreux partenariats avec les acteurs de la filière vitivinicole.
En France
Les thèmes de recherche prioritaires de l’Inra visent à comprendre la biologie de la vigne, à concevoir des systèmes de culture durables, à maîtriser la qualité du vin ainsi qu’à analyser les stratégies des acteurs de la filière. Inscrites dans une perspective de développement durable, ces recherches concernent les trois grands champs d’activité de l’Institut : l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. Les quatres principaux centres de recherches sur la vigne et le vin sont Bordeaux, Montpellier, Angers, et Colmar.
A Bordeaux
L’Inra s’intéresse principalement au fonctionnement de la vigne dans un objectif de qualité du vin et de préservation de l’environnement. Il s’agit de comprendre comment la plante exploite les ressources disponibles pour produire un raisin de qualité et comment elle s’adapte aux contraintes de l’environnement et des agresseurs. Ces travaux ont pour ambition de proposer de nouvelles pratiques de culture et de lutte contre les agresseurs. Ils visent aussi à proposer de nouvelles variétés de cépages résistant aux principales pathologies et de porte-greffes dont la vigueur est maîtrisée. L’Inra participe également à des travaux sur l’amélioration de la qualité des vins par la maîtrise de la fermentation et la connaissance des composés responsables de la qualité. Les équipes de recherche s’appuient sur le Domaine de la Grande Ferrade, à Villenave d’Ornon, non loin du Château Couhins. Cette maison noble de La Ferrade était au XVIe siècle une bâtisse à un étage entourée de murailles, avec une vaste cours intérieure et des bâtiments annexes (chai, cuvier et grange). Le domaine était composé de jardin, vignes (production de vins rouges et blancs), terres labourables, près, bois taillis, vergers, châtaigneraies. Les vins, très réputés pour leur couleur, leur finesse et leur bouquet, s’exportaient très bien, et étaient même offerts sur les tables de nos ambassades en Allemagne, Russie et Suède. En 1836, la superficie du domaine était de 24 ha. Le château actuel a été rebâti dans le courant XVIIIe siècle. L’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) en est propriétaire depuis 1964 et le site de la Ferrade est depuis lors, un grand Centre de Recherche de la région Aquitaine.
Offre de recherche renforcée
A Bordeaux, les liens étroits entre l’Inra, les Universités et Bordeaux Sciences Agro se renforcent aujourd’hui par la création de l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (ISVV) sur le site de l’Inra à Villenave d’Ornon. Cet institut pourra s’appuyer sur les outils et les méthodes développées par l’Inra de Bordeaux pour la biologie des plantes (par exemple, la caractérisation de la qualité des fruits) et sur ses infrastructures expérimentales. Les recherches de l’Inra s’appuient sur un partenariat développé et diversifié avec : l’ITV, les structures interprofessionnelles de R&D, mais aussi avec des organisations professionnelles ou publiques (IRSTEA, France Agrimer, INAO, IFV, chambres d’agricultures, ...).
Jean-Pascal Goutouly
Ingénieur de recherche, BORDEAUX.
•Unité mixte de recherche Ecophysiologie et génomique fonctionnelle de la vigne (Inra, Enita, Université Bordeaux 2, Isvv).
“Nos recherches nous permettent de comprendre comment la vigne capture ses principales ressources (carbone, azote et eau) et les répartit pour assurer à la fois sa pérennité et ses besoins. Nous cherchons ainsi à évaluer l’impact des pratiques viticoles (conduite de la vigne, taille, éclaircissage, fertilisation, entretien des sols) sur les qualités œnologiques de la récolte et la sensibilité de la vigne aux maladies”.
Nathalie Ollat
Ingénieur de recherche, BORDEAUX.
•Unité mixte de recherche Ecophysiologie et génomique fonctionnelle de la vigne (Inra, Enita, Université Bordeaux 2, Isvv).
“Suite à l’apparition du phylloxéra (un puceron vivant dans le sol) les chercheurs ont découvert que pour résister, tous les cépages (Cabernet, Merlot,...) devaient être greffés et ils ont sélectionné les premiers porte-greffe de vigne qui constituent la partie souterraine du cep. Aujourd’hui nous étudions comment le porte-greffe et le cépage inter-agissent et échangent des informations pour contrôler la croissance et la production de la plante. Ces recherches vont nous servir à créer de nouveaux porte-greffe, plus résistants aux parasites et adaptés à différents types de sol. Ils constitueront une alternative à la désinfection chimique des sols, tout en conservant la qualité du vin”.
Laurent Delière
Ingénieur d’études, BORDEAUX.
•Unité mixte de recherche Santé végétale.
“Nous cherchons à protéger la vigne contre les maladies et les ravageurs en limitant le recours aux traitements phytosanitaires, dans le but d’obtenir une production saine dans un meilleur respect de l’environnement”.