"Fort de son ancrage historique, Château Couhins déploie aujourd’hui l’ensemble des résultats de la recherche viticole menée par l’Inra. Ses programmes de recherche et ses techniques innovantes doivent répondre à un double et ambitieux objectif : la qualité du vin produit par château Couhins dans le respect et la préservation de l’environnement. À ces fins, la viticulture de précision apporte des connaissances sur mesure du vignoble de Couhins La protection intégrée, visant à la réduction des intrants, est un levier de progrès tout aussi fondamental mis en œuvre dans les vignes de Couhins. Château Couhins valorise ainsi l’excellence des connaissances scientifiques au service d’un vin de prestige et d’une viticulture durable; autant de missions présidant à son développement et rayonnement." Philippe Mauguin - PDG de l'INRA
Le mot du directeur "Participer à l’écriture de la viticulture de demain, riche de tous ses enjeux sociétaux et environnementaux, mais aussi bénéficier, en avant-première, des dernières techniques viticoles durables et de précision ; apporter sa pierre à l’édifice du savoir, mettre ce savoir à l’épreuve de la pratique, tant dans la vigne que dans les chais, pour le transmettre ensuite aux professionnels de la filière viti-vinicole, telles sont les missions qui rassemblent l’équipe du Château Couhins. Missions qui s’avèrent être des plus enrichissantes et passionnantes."DOMINIQUE FORGET. Directeur de Chateau Couhins.
Le château Couhins réunit sur ses terres deux anciennes propriétés viticoles : le domaine de la Gravette (prenant le nom de château Couhins) et celui de Pont de Langon. Originellement distincts mais contigus, ces deux domaines rassemblés constituent, d’un seul tenant, l’actuel château Couhins portant ainsi l’héritage, sur plusieurs siècles, de l’histoire singulière du bourdieu de la Gravette et de la maison noble du Pont de Langon.
Les archives se montrent particulièrement discrètes sur le devenir du vignoble sous l’Ancien Régime. On sait néanmoins qu’à la fin du XVIIe siècle, le domaine appartient à la famille Banchereau (notaires bordelais) et émarge sous le nom de “Bourdieu de la Gravette”. En 1760, la carte de Belleyme atteste l’importance du vignoble, sans qu’il soit possible d’en préciser la superficie. Les vins rouges constituaient alors la principale production du domaine. Dans les années 1880, l’exploitation échoit à un négociant bordelais bien connu, Constantin Hanappier, avant d’intégrer, par le biais des mariages et héritages, le patrimoine viticole de la famille Gasqueton, déjà propriétaire, des châteaux Calon Ségur et Capbern Gasqueton à SaintEstèphe. C’est à cette époque que les vins blancs firent leur apparition au sein du vignoble. Sous la houlette avisée d’Edouard Gasqueton, le domaine impose l’image d’un cru d’exception, confortée, par l’achat du château du “Pont de Langon” qui, rattaché à Couhins, permet de porter le vignoble à un vaste ensemble de 60 hectares.
Dans les années 50, la production de Couhins atteint un niveau de notoriété enviable. Le prix du tonneau s’établit régulièrement autour de 60.000 Francs, plaçant le domaine dans le peloton de tête des crus de Graves. C’est ainsi que, lors du classement de 1955* établi comme celui de 1855 sur la base des notes des courtiers bordelais, le château Couhins se voit promu Cru Classé de Graves. * Ce classement sera homologué en 1959.
Interrompant cette période d’embellie, la mort d’Edouard Gasqueton, en 1962, amorce une période de difficultés. Le contexte troublé des années 1960, avec son cortège de millésimes difficiles, oblige ses héritiers à faire des choix économiques. Après avoir concédé un bail à André Lurton sur une partie de l’exploitation, ils mettent en vente l’ensemble de la propriété en 1968. L’Inra se porte alors acquéreur des terres de Couhins, tout en confirmant le bail consenti à M. Lurton, et cède à ce dernier 1.5 ha de vigne dix ans plus tard, donnant ainsi naissance au Château Couhins-Lurton. Château Couhins est alors sauvé in extremis de la disparition.
En réalité, en 1968, le vignoble de Couhins est presque à l’abandon. Sur les dizaines d’hectares qui le composaient quelques décennies auparavant, il ne reste guère que 2 hectares de vignes dont André Lurton va assurer la vinification jusqu’en 1979. Durant les années qui suivent, l’Inra va s’attacher à restructurer le vignoble sur la base d’une nouvelle définition parcellaire puis procéder à la construction d’un chai de vinification qui verra le jour en 1981. Aujourd’hui, Couhins affiche une superficie de vingt-cinq hectares et met en œuvre un mode de production inspiré de traditions et de résultats de la recherche viticole. Commercialisés pendant 25 ans au sein du vaste réseau de l’Inra, les vins de Couhins se vendent depuis 2007 par l’intermédiaire des négociants de la Place de Bordeaux, preuve d’une forte volonté de reconstruction de la notoriété de Couhins. Une étape supplémentaire sera franchie en 2013 avec l’inauguration d’un nouveau bâtiment de production et d’une structure d’accueil destinée aussi bien aux professionnels qu’aux amateurs de ce Cru Classé de Graves.